Le matériel

Sur les sites où se retrouvent les chasseurs d'éclipse lors du "grand évènement", on voit s'étaler une large panoplie d'équipements divers, voire hétéroclites. Alors, quels sont les points clé à prendre en compte pour chaque composant ?

Boîtier photo et caméra

Pour les images à grand champ en dehors de et pendant la totalité, la plupart des appareils ordinaires conviennent, y compris lorsque l'objectif est fixe. Cependant, pour la photographie de la couronne avec téléobjectif ou télescope, un boîtier reflex 24 x 36 mm à objectifs interchangeables s'impose comme le plus adapté et le plus flexible. Un modèle (ancien) à obturateur mécanique et à verre de visée interchangeable (verre clair ou dépoli fin) ajoute un avantage en fiabilité et précision. Munissez-vous d'un déclencheur souple. Etant donné la hauteur inhabituelle du pointage, un viseur d'angle peut vous épargner des raideurs dans le cou.

Un caméscope ordinaire ne peut pas égaler la finesse et la qualité d'une photographie et le plus souvent ne donne pas une taille d'image suffisante pour la couronne solaire (cf. "La totalité"). en revanche, une caméra est idéale pour enregistrer de façon vivante l'ambiance d'une éclipse. En effet, tout bouge et change au cours de l'éclipse, et le son qui accompagne l'image ajoute souvent une touche de réalisme. Les caméscopes grand public actuels sont compacts et légers, et peuvent donc être facilement montés en parralèle avec un autre appareil. Il est possible de laisser la caméra tourner sans surveillance. Souvent, il est possible de pré programmer une cadence lente (ex. : 1 image/2 sec) qui donnera un film accéléré de l'éclipse. Il faut s'en tenir aux formats Hi-8 et Super-VHS qui fournissent la meilleure qualité d'image. Les caméras CCD astronomiques à sortie numérique n'ont pas encore fait leur percée dans le domaine des éclipses, principalement par la lenteur de prise d'image et la taille réduite des senseurs utilisés. Mais une évolution s'annonce.

Les optiques

Le tableau 3 donne la taille du champ en fonction de la focale. Pour obtenir une image convenable de la couronne, un téléobjectif de 300 mm minimum est nécessaire. La focale ne pouvant guère dépasser 1 mètre, un petit télescope (lunette) utilisé à son foyer primare fera bien mieux l'affaire que les télescopes Schmidt-Cassegrain ou Maksutov aux trop longs foyers. Il faudra fixer le boîtier au moyen d'un raccord et d'une bague adaptatrice "T" pour la marque du boîtier utilisé.

Focale
(mm)
Champ (°)
Horiz. x Vert.
Diam. Soleil
(mm)
Diam. Couronne
> 3Rs (mm)
20
61 x 50
0,2
0,5
35
46 x 34
0,3
1,0
50
36 x 25
0,5
1,4
135
15 x 10
1,2
3,7
200
10 x 6,8
1,8
5,5
300
6,8 x 4,6
2,8
8,3
400
5,1 x 3,4
3,7
11,0
600
3,4 x 2,3
5,5
16,5
1000
2,1 x 1,4
9,2
27,5
1500
1,4 x 0,9
13,8
41,3
2500
0,8 x 0,5
22,9
68,8
Tableau 3 : valeurs du champ angulaire couvert par un format 24 x 36 mm, et des diamètres sous-tendus par le disque solaire et par la couronne solaire (jusqu'à 3 rayons solaires), données pour une série de longueurs focales.

Pour les phases partielles, l'usage d'un filtre solaire est impératif avec tout dispositif optique. Les petits filtres à monter sur les oculaires près du foyer sont à exclure totalement. Il faut un filtre pleine-ouverture placé devant l'objectif de manière à empêcher l'entrée de la lumière et le risque de surchauffe associé.
Il existe des feuilles en mylar (peu coûteuses) ou des diltres métallisés sur verre. Dans les deux cas, il faut que l'atténuation dépasse à densités (atténuation de 1/10000ème - 1/100000ème). En outre, il faut s'assurer de la donne fixation du filtre sur l'objectif ou le télescope.

Un point essentiel à vérifier lors du choix de l'optique est la présence de reflets parasites internes. Trop souvent, des clichés de couronnes sont gâchés par des images fantômes, dues à la présence d'écarts de luminosités extrêmes dans la couronne solaire, situation qui ne se présente que rarement dans la vie quotidienne. Un bon test : le soir, pointer une ampoule lointaine isolée sur fond noir (éclairage public : cela ne manque pas dans nos contrées !), et déplacer ce point lumineux dans le champ et un peu à l'extérieur de celui-ci. Si un reflet faible apparaît, l'optique présente un défaut et il n'y a guère d'autre solution que de rechercher un autre objectif. Un tel défaut se présente plus souvent avec l'ajout d'un doubleur de focale et surtout en utilisant un objectif zoom (même de conception récente). A éviter, donc.

Un autre point essentiel qui peut gâcher tous les clichés si on le néglige : la mise au point. Vérifiez par des essais que l'index "infini" de votre objectif marque bien la mise au point à l'infini. Si possible, fermer le diaphragme un cran en dessous de la pleine ouverture. Pour les longues focales, il est sage de revérifier la mise au point tous les quarts d'heure au cours de l'éclipse (sauf durant la totalité), car la variation de température peut modifier insidieusement ce réglage.

Le support

Ici les maîtres mots sont rigidité et stabilité. Vérifiez donc l'amortissement d'un petit choc sur le socle ou le trépied qui pourrait servir, en y mettant préalablement l'instrumentation complète. Les vibrations doivent s'amortir en moins d'un seconde. Faites le test avec l'instrument orienté et incliné comme il le sera lors de l'éclipse. Il est bon d'équilibrer l'ensemble en plaçant le centre de gravité à l'aplomb du socle, ce qui impliquera de fixer le tout sous le téléobjectif (plaque support) plutôt que dans la fixation habituelle sous le boîtier photographique. A cette occasion, vérifiez aussi que le trépied permet d'accéder au pointage nécessaire à l'éclipse (hauteur de plus de 50° sur l'horizon). Le trépied sera aussi fort utile pour un petit appareil fixe qui enregistre l'ambiance avec un champ large. Il garde son orientation et vous laisse les mains libres. Il faut bien sûr se munir d'un déclencheur souple.

Solution légère et simple, le pied photographique fixe comporte un double inconvénient, qui augmente rapidement avec la focale optique surtout au-delà de 300 mm. D'une part, le mouvement diurne du Soleil et de la Lune (15°/h) impose un recentrage répété tout au long des 2h30 de l'éclipse. D'autre part, le temps de pose maximum sans bougé gênant est inversément proportionnel à la dimension des optiques et peut devenir trop court en pratique. Ceci est traduit par les formules empiriques suivantes :

Tmax (s) = 500 / f (mm)     pour un objectif photo
Tmax (s) = 15 / D (mm)        pour un télescope

où f est la distance focale de l'objectif et D l'ouverture du télescope

Une monture équatoriale motorisée résout élégamment ces problèmes et libère l'observateur de certaines contraintes en simplifiant les manipulations aux moments critiques. Cependant, un équatorial requiert une mise en station (pas extrêmement précise) qui peut difficilement s'effectuer en dernière minute. En outre, une telle monture sera plus lourde et encombrante.

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Last updated on 15/02/2000 by CM